République démocratique du Congo | Points Saillants de Protection | septembre 2023

*APERÇU GÉNÉRAL

Au vu de la situation sécuritaire toujours instable dans l’Est de la RDC, les sénateurs du pays ont adopté le 14 septembre 2023 le projet de loi portant prorogation (pour 15 jours) de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu pour la 58e fois consécutive.
Durant la période sous revue, la situation de protection est restée marquée par les violations et abus perpétrés contre les civils au cours des attaques armées qui interpellent la communauté humanitaire et nécessitent de souligner les faits les plus marquants de la période ci-après :

• Dans le Grand Nord Kivu, poursuite des attaques par des éléments ADF contre des agriculteurs dans les parties nord-ouest et nord-est du territoire de Beni et allégations d’abus à des groupes armés lors du recouvrement des taxes illégales ; ces groupes armés profiteraient des vides sécuritaires après le retrait des militaires FARDC depuis avril 2023 au sud-est et sud-ouest du territoire.

• Dans le Petit Nord Kivu, poursuite des affrontements entre les M23 et les groupes armés locaux dans le territoire de Masisi ; affrontements entre des acteurs armés dans la partie sud-ouest de Rutshuru où il a également été constaté que le M23 a renforcé ses effectifs, entrainant des abus et déplacements ; renforcement des recouvrements des taxes illégales par un groupe armé qui procèderait la nuit dans des maisons dans Walikale ; cas d’abus et violations dans les zones d’accueil ou lors de mouvements de personnes déplacées (PDIs) et résidents dans le territoire de Nyiragongo vers le parc de Virunga ou autres zones à risque.

• Dans la province de l’Ituri, principalement dans les territoires de Djugu, Irumu, Mahagi, ainsi qu’à Faradje, dans la province du Haut Uele, les éléments des groupes armés Mai Mai, Union des Révolutionnaires pour la Défense du Peuple Congolais de la Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO/URDPC), FRPI, Zaïre et FPIC se sont illustrés par des attaques de villages et des embuscades sur les axes routiers assorties de meurtres, de coups et blessures, de pillages, d’enlèvements et d’incendies contre les civils et leurs biens. D’autre part, les éléments du groupe armé ADF ont été cités comme auteurs des meurtres, d’enlèvements et de coups et blessures sur la population dans les territoires d’Irumu et Mambasa. Des militaires des FARDC et des agents de la PNC auraient également été cités comme auteurs d’arrestations arbitraires, de coups et blessures et d’extorsions de biens des civils notamment dans le territoire d’Aru en province de l’Ituri et à Faradje dans la province du Haut Uélé1 ;

• Au Sud-Kivu, la situation de protection demeure préoccupante dans les Provinces du Sud-Kivu, consécutivement à l’activisme des groupes armés qui se traduit par la commission de plusieurs violations des droits de l’homme ;

• La persistance des violences consécutives au conflit intercommunautaire en cours dans le Mai-Ndombe et, plus particulièrement, les incursions des miliciens Yakas (Mobondos) et les affrontements entre ces derniers et les FARDC dans les provinces du Kwango, Kwilu et Maï-Ndombe ;

• Dans les provinces du Kasaï (Tshikapa, Kakenge, Mweka), Kasaï-Central (Kazumba, Dibaya) et Kasaï-Oriental (Miabi), poursuite de conflits fonciers et d’acte de banditisme;

• Dans la province du Tanganyika, des conflits et activités de groupes armés sont encore persistants et provoquent de nombreux incidents de protection en particulier dans la zone de santé de Nyemba en territoire de Kalemie. Plusieurs cas de braquages ou incursion des hommes armés sont à la base des atteintes à la vie et à l’intégrité physique ainsi que des violations à la propriété par pillages ou extorsions des biens. En outre, des exactions des militaires FARDC préoccupent vivement dans les territoires de Moba et Manono.

• Les acteurs du monitoring de protection ont rapporté environ 14,069 violations et incidents de protection en septembre 2023, soit une diminution de 25% par rapport au mois d’août avec 18,835 violations et incidents. Parmi ces violations, il y a au moins 243 homicides, 3,236 victimes de coups et blessures, 248 victimes de torture et traitements inhumains, 1,057 enlèvements/disparitions, 1,058 travaux forcés, 484 viols et 249 violations 1612.